Le jus de soja, communément appelé lait de soja, est parmi les premières solutions proposées aux parents d’enfants qui ne supportent pas le lait infantile issu de vache. Mais, depuis quelques années, ce mode d’alimentation infantile fait polémique. Pourquoi ?
Pourquoi donner du lait de soja à un bébé ?
En cas de bébé supportant mal le lait de vache, les parents ont besoin d’une alternative adaptée aux besoins nutritionnels particuliers des bébés. Ils se tournent généralement vers des préparations pour nourrissons à base de protéines de soja. Ces laits infantiles sont des produits diététiques sans lactose, sans saccharose, sans gluten et sans protéine de lait de vache. En France seuls 2,5 % des enfants seraient nourris avec ces préparations mais un petit Américain sur 4 grandirait avec du soja dans son biberon. En mai 2008, l’Académie américaine de pédiatrie a reconnu d’ailleurs que chez les nourrissons nourris avec ces laits à base de soja, l’état nutritionnel, la minéralisation des os, le développement sexuel, immunitaire et cérébral sont en tous points comparables à ceux des bébés nourris avec des laits infantiles issus de lait de vache.Des soupçons de perturbations hormonales…
Le 9 mars 2005, l’AFSSA (Agence Française de sécurité sanitaire des aliments) lance un pavé dans la mare en publiant un rapport dans lequel elle accuse les phytoestrogènes et les isoflavones contenus dans le soja de perturber le développement hormonal et sexuel des bébés. Le groupe de travail de l’AFSSA à l’origine du rapport déconseille alors le soja dans l’alimentation des enfants avant l’âge de 3 ans. Ce qui condamne d’office les laits infantiles à base de protéines de soja.… qui ne sont pas avérées chez l’être humain
La présidente du groupe de travail, Mariette Gerber, à l’origine de cette recommandation reconnait elle-même que « ces réserves sont essentiellement basées sur les données d’expérimentation animales mais les effets chez l’homme n’ont pas été étudiés ou presque. ». En effet, les études sur les animaux montrent clairement un lien entre les phytoestrogènes du soja et la modification du taux de testostérone ou le développement de cancers hormonaux-dépendants. Mais rien de tout cela n’a été observé chez l’homme.En revanche, aux USA, des études ont été menées sur les humains. En 2001, le Dr Brian Strom, épidémiologiste à l’université de Pennsylvanie, a fait une étude portant sur 800 personnes adultes. Verdict : pas de différences au niveau des poids, tailles, allergies, hormones, âge de la puberté, cycle menstruel et déroulement des grossesses éventuelles entre les anciens bébés nourris au "lait de soja" et ceux nourris au lait de vache.
Le choix appartient aux parents
Les recommandations faites par l’AFSSA déconseillant de donner des dérivés de soja aux enfants de moins de 3 ans apparaissent comme un principe de précaution très poussé.Les études américaines, elles, ne constatent pas de différences entre les bébés nourris au lait de vache et ceux nourris au lait de soja. Les phytoestrogènes sont clairement des molécules actives, mais peuvent-elles interférer avec les hormones naturelles de l’homme ? Rien n’est prouvé, ni dans un sens ni dans l’autre… Cependant on peut se dire que depuis 40 ans, 20 à 30 millions d’enfants à travers le monde ont été nourris avec ces préparations. Les effets indésirables n’auraient-ils pas dû être remarqués depuis tout ce temps.. ? Le choix d'utiliser ces laits à base de soja appartient donc bien aux parents.


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