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Allergie bébé, attention aux protéines du lait de vache

bébé allergique proteines lait de vache APLVL'allergie bébé aux protéines du lait de vache (APLV) est la quatrième allergie alimentaire chez le bébé, derrière l'œuf, l'arachide et le poisson; elle est responsable de 12,6% des allergies alimentaires de l'enfant de moins de 15 ans.
L'APLV a un début précoce, souvent avant l'âge de 6 mois. Une sensibilisation in utero, un passage de petites doses de protéines dans le lait maternel, ou un premier biberon donné à la maternité pendant les trois premiers jours de vie favoriseraient cette sensibilisation. Le lait de vache contient plus de trente protéines, toutes potentiellement allergisantes, mais c’est souvent les caséines et la bétalactoglobuline qui sont en cause.

Comment se manifeste l’allergie aux protéines de lait de vache?

Les manifestations de l’allergie sont principalement gastro-intestinales (50 à 80% des cas), également cutanées (10 à 39% des cas) et respiratoires (19% des cas) Les tests cutanés sont positifs dans l'immense majorité des cas et permettent de définir les protéines en cause. Mais 8 à 30% seulement des tests cutanés sont définitivement confirmés par les autres tests (provocation, éviction-réintroduction) qui se réalisent en milieu hospitalier.

Quels sont les traitements de l’ APLV ?

Le traitement de l'APLV repose essentiellement sur la suppression des protéines de lait de vache dans l’alimentation. C’est ce qu’on appelle l’éviction. Durant l'allaitement de bébé, la maman suit un régime strict ne comportant aucune protéine de lait de vache. Dans le cas des bébés nourris au biberon, on donne des substituts du lait appelés hydrolysats. Cependant, dans 1 à 2% des cas, le bébé peut être également allergique aux hydrolysats  qui contiennent malgré tout des protéines.
L'éviction totale des protéines est souvent difficile. On trouve des protéines de lait dans les produits alimentaires industriels : gâteaux, céréales, saucisses pour hot-dog ;  mais également dans des crèmes pour la peau, des médicaments..! Une des principales solutions est de ne donner à l’enfant que des aliments « maison » dont ont est absolument sûr de la composition. Mais pour le reste, il faut lire scrupuleusement toutes les étiquettes de tous les produits avant de les acheter !!

Pourquoi réintroduit-on des protéines de lait de vache dans l’alimentation de mon bébé ?

Pour « dompter » l’allergie et ne pas avoir à suivre un régime d’éviction toute sa vie, les médecins tentent progressivement la réintroduction des protéines de lait de vache dans l’alimentation bébé, quand son état général est redevenu satisfaisant.  La réintroduction se pratique en milieu hospitalier et sous surveillance médicale, en moyenne 12 à 15 mois après le diagnostic de l'APLV, puisque statistiquement, il faut un an à un an et demi pour obtenir une guérison naturelle d'une allergie alimentaire à une protéine du lait. Si cette réintroduction échoue, elle sera retentée de 6 mois en 6 mois. C’est une sorte de désensibilisation par voie orale.  Les résultats sont bons, sauf en ce qui concerne la dermatite atopique. Les médecins peuvent aussi tenter une désensibilisation par voie sous-cutanée. Cette désensibilisation est généralement pratiquée quand il est impossible d’éliminer totalement les protéines de lait de vache de l’alimentation, ou lorsque l'allergie complique trop l'insertion scolaire de l’enfant.

L’allergie aux protéines de lait de vache peut-elle guérir ?

L'allergie aux protéines du lait de vache guérit dans environ 70% des cas. Elle guérit encore mieux si elle a démarré de façon précoce, et que la réintroduction a été précoce également. La plupart des enfants tolèrent le lait de vache avant l'âge de trois ans, mais il reste quand même environ 30 % de formes rebelles. Dans ces cas où l’allergie est dite «fixée», on constate souvent que les enfants souffrent d’une autre allergie alimentaire, associée à celles des protéines de lait de vache.

Peut-on prévenir le développement d’une APLV ?

L'allaitement au sein seul, une diversification alimentaire après 6 mois et une introduction des aliments à risque retardée paraissent limiter le développement de l'allergie aux protéines du lait de vache et de la dermatite atopique. Toutefois, ces précautions ne semblent pas avoir d’effet sur le développement de l’asthme pour bébé et des sensibilisations respiratoires. Les facteurs génétiques (familiaux) et environnementaux  jouent probablement un rôle très important.
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