Le lait maternel est l'aliment le mieux adapté au bébé puisqu'il a été créé pour lui ! Cependant, que représente l'allaitement pour sa maman ? Quels sont les avantages, quelles sont les contraintes ? Voici nos réponses à vos questions, pour que vous puissiez faire votre choix en toute connaissance de cause. Allaiter, c’est fatigant ?
En réalité, ce sont les suites de couches et l’arrivée du bébé à la maison qui sont fatigants, pas l'allaitement en lui-même !
Cependant, à chaque tétée, notre corps de maman produit des endorphines, neurotransmetteurs qui facilitent la détente et le sommeil. Cette sensation peut être interprétée, à tort, comme de la fatigue. Non, l’allaitement ne fatigue pas. C’est une fonction tout à fait naturelle du corps humain, qui ne demande pas d’énergie supplémentaire. Il faut savoir aussi qu'allaiter permet de récupérer plus vite après l’accouchement (rétraction de l’utérus, perte de poids). Et rappelons que: pousser un caddie avec des bouteilles d'eau et des boites de lait infantile, préparer, laver, stériliser les biberons... tout cela ne se fait pas tout seul non plus !
Allaiter, c’est douloureux ?
Les premiers jours de l’allaitement peuvent être quelque peu … surprenants ! Inouï comme un bébé si petit peut téter de façon si vigoureuse ! Nos seins ne sont pas toujours préparés, mais heureusement, ils s’habituent vite ! Au bout de quelques jours, les tiraillements ont généralement disparu. En attendant, on peut se soulager grâce à des crèmes spéciales mamelons, des applications de froids, des massages, ou en donnant la tétée avec des bouts de seins en silicone en attendant que la situation se stabilise. Mais ce qui aide vraiment la maman, c’est surtout l’idée que cet inconfort est passager, et qu’elle va bientôt connaître le bonheur de nourrir son bébé au sein, sereinement. Ça vaut le coup de persévérer. Si la douleur revient par la suite, c’est le signal que quelque chose ne va pas. Le plus souvent, c’est une mauvaise position du bébé. La position idéale, c’est d’avoir le ventre de votre bébé contre votre ventre, avec sa bouche à l’exacte hauteur de votre mamelon, et que le bébé prenne en bouche la plus grande surface possible de l’aréole (la zone « foncée » au bout de vos seins). La tentation est grande de « remonter » bébé un peu plus vers notre visage (il est tellement craquant !), ou de le tenir allongé sur le dos comme un bébé nourri au biberon ; mais si vous respectez la position idéale, vos seins vous remercieront ! Quoiqu’il en soit, si une douleur quelconque persiste, sans que vous sachiez pourquoi, ne souffrez pas en silence, consultez votre médecin.
Certaines femmes n’ont pas de lait ou un lait peu nourrissant
Si c’était vrai, l’espèce humaine n’aurait pas survécu ! La composition du lait maternel est identique d’une femme à l’autre, d’un continent à l’autre.
La quantité de lait dépend de la fréquence et de la longueur des tétées. En ce domaine, il n’y a pas de mystère : plus vous donnerez le sein et plus vous aurez de lait. La lactation (production de lait) est proportionnelle à la stimulation des mamelons. Ne laissez jamais personne vous dire que vous avez trop de lait, pas assez de lait, qu’il n’est pas nourrissant, pas assez riche, et bla bla bla.... Vos seins ne sont pas gradués, comme les biberons, avec des millilitres ! Faites-vous confiance. Si vous avez l’impression que votre lactation est un peu ralentie, faites une sieste (le sommeil favorise aussi la lactation), prenez de la levure (levure maltée, levure de bière), buvez de l'eau, mettez votre bébé au sein encore plus souvent et restez zen.
Les trois premières semaines, lors de la mise en place de l'allaitement, vous pouvez avoir beaucoup de lait, trop même parfois. Tout devrait rentrer dans l'ordre dès que vos seins auront trouvé leur rythme. Si après trois semaines, vous trouvez que vous avez encore trop de lait, profitez-en pour le collecter dans des coquilles recueille-laits. Vous pourrez ensuite stocker votre lait au réfrigérateur ou au congélateur, pour les jours où vous confierez votre bébé à une nounou, à mamie, etc…Vous pouvez également demander au lactarium de venir collecter des biberons contenants vos excédents de lait, chez vous. Votre lait sera ensuite distribué dans les unités médicales chargées de sauver des bébés prématurés ou malades, qui n’ont la chance d'être allaités.Â
Allaiter, ça s'apprend ?
Allaiter son enfant, c'est simple et naturel. Pour autant, cela ne s’improvise pas. Nos seins ne sont pas livrés avec le mode d’emploi. Il est donc important, durant la grossesse, de s’informer en rencontrant des professionnels, des associations, des mamans ayant allaité, en lisant des bibles (comme « L’allaitement » du docteur Marie Thirion), pour comprendre le fonctionnement de la lactation et de l’allaitement. On pourrait se dire que, le moment venu, le personnel soignant sera là pour vous guider et vous conseiller. Malheureusement, en matière d’allaitement, le degré de formation du personnel soignant est très inégal d’une personne à l’autre. Alors, pour ne pas être prise au dépourvu, mieux vaut s’autoformer sur la question, et également former le futur papa qui sera votre soutien le plus précieux au démarrage de l’allaitement comme dans les mois qui suivront.
Si on a de la fièvre, est-on obligée d'arrêter l’allaitement ?
La fièvre de la maman n’est pas dangereuse pour le bébé. Quand la mère est malade, elle fabrique un ensemble d’anticorps dont elle fait bénéficier son enfant par le biais du lait maternel. Le bébé a ainsi très peu de chances de tomber malade lui aussi. La difficulté réside dans le fait qu’une femme allaitante ne peut pas prendre n’importe quel médicament. Même si seulement 1% du médicament passe dans le lait maternel, le médecin doit trouver LA molécule qui soignera la mère sans perturber le bébé. Et c’est là que vous allez pouvoir juger de la compétence de votre médecin! Bien sûr, si ce dernier, même en cherchant bien, ne trouve pas de médicament compatible avec l’allaitement, il est possible de donner un lait de substitution au bébé. Mais il vaudra mieux lui donner avec d’autres moyens que le biberon pour éviter une mauvaise succion du bébé à la reprise de l’allaitement (tasse ou cuillère..., mais si ça marche !). De votre côté, vous tirerez votre lait pour entretenir votre lactation, et pouvoir redonner le sein dès que vous serez guérie.


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