Même si cette anesthésie est indéniablement un progrès, son usage quasi-systématique lors des accouchements en France n’a pas que des avantages. Nombre de futures mamans se renseignent sur les façons d’accoucher, de gérer la douleur, sans avoir recours au cocktail anesthésique et à la médicalisation qui l’accompagne.Pourquoi vouloir accoucher sans péridurale ?
Lors de leur grossesse, les futures mamans associent souvent accouchement et péridurale. Elles sont fortement encouragées, voire incitées à choisir cette anesthésie. « Pourquoi souffrir quand on peut l’éviter ? », « on n’est plus à l’âge de pierre ! ». Si elles souhaitent faire naître leur bébé plus naturellement, elles sont souvent découragées, car aucune alternative ne leur est proposée. Le personnel n’est plus vraiment formé pour accompagner des naissances physiologiques. Les cours de préparation à la naissance n’enseignent plus aux femmes comment accoucher sans péridurale. Faute d’information et de préparation, les futures mamans peuvent craquer au moment fatidique et réclamer la péridurale, sans vraiment la souhaiter.Quelles peuvent être les conséquences psychologiques de la péridurale ?
Qu’elles l’aient souhaité ou non, beaucoup de femmes ayant accouché sous péridurale ressentent une certaine amertume après la naissance. Le fait que tout ce soit bien passé, que « le bébé et la maman se portent bien », ne suffit pas toujours. La péridurale coupe la maman de ses sensations et la dépossède en quelque sorte de son accouchement. Nombreuses sont celles qui ont eu la désagréable sensation d’avoir été simple spectatrice d’un moment très important de leur vie, que l’accouchement aurait pu se dérouler sans elle, que cet accouchement était plus celui de l’équipe médicale que le leur. Les liens mère-enfant ne sont pas innés. Ils se créent notamment dans les premiers instants qui suivent la naissance, grâce aux hormones. La libération de ces hormones est parfois perturbée par les substances qui composent la péridurale. De plus, la maman peut avoir du mal, malgré elle, à faire le lien entre le bébé qu’elle tient dans les bras et un accouchement qui s’est déroulé presque « sans elle ». Du côté paternel, la péridurale a un impact non négligeable. Le papa devient pratiquement inutile. Sa compagne n’a pas besoin de son soutien ni de son réconfort puisqu’elle n’a rien à faire, pas d’effort à fournir, qu’elle ne ressent rien. Même s’il se dit qu’il est probablement préférable pour sa compagne de ne pas avoir mal, ce sentiment d’inutilité ne facilite pas la mise en place des liens avec son bébé.Comment faire pour accoucher sans péridurale ?
Dire « non merci, pas de péri» ? Ce n’est pas si simple… Il faut accepter la douleur, et apprendre à la gérer. Malheureusement, c’est rarement ce que l’on apprend lors des cours de préparation à l’accouchement, dans les maternités. Les mamans qui font le choix d’accoucher sans péridurale ne voient pas la douleur comme une ennemie qu’il faut combattre. La douleur de l’accouchement, pour elles, a du sens, a une utilité. Grâce à elle, les femmes savent où elles en sont du processus de la naissance. Elles savent que la peur intensifie la douleur, et que, a contrario, confiance et connaissance rendent la douleur gérable. Ces femmes souhaitent vivre librement et pleinement le processus de leur grossesse, jusqu’à la délivrance. En étant respectées, écoutées et soutenues, elles traverseront cette étape et en sortiront extrêmement fières. Elles se sentiront d’autant plus confortées dans leurs capacités à être mères. Pour parvenir à ce résultat, elles s’entourent généralement d’une sage-femme qui sait accompagner les naissances physiologiques. Cette dernière explique le déroulement d’un accouchement, les différentes phases. Elle enseigne quoi faire, et à quel moment le faire. Elle prépare la future maman psychologiquement aux phases les plus pénibles, afin qu’elle ne laisse pas submerger le moment venu. Elle enseigne au papa comment soutenir et soulager sa compagne. Elle leur montrera toutes les positions qui facilitent le travail, les massages qui peuvent être effectués, les bains qui peuvent soulager.
Par la suite, reste la question de savoir si la sage-femme qui aura accompagné la grossesse pourra ou non accompagner l’accouchement. Mais quoiqu’il en soit, les futurs parents seront préparés à vivre pleinement la naissance de leur enfant.


Voir les flux RSS