Créé en 1992 à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef, le label « Ami des bébés » vise à promouvoir le respect des besoins et des rythmes du nouveau-né via l’allaitement maternel et la proximité mère-enfant. Dans le monde, on compte près de 20 000 hôpitaux labellisés… mais seulement sept en France ! Un label reconnu dans le monde entier
Lancée sur le plan international en 1992, l’objectif de départ de l’Initiative Hôpital Ami des bébés (IHAB) était de promouvoir l’allaitement maternel, car l’OMS recommande l’allaitement exclusif des nourrissons jusqu’à l’âge de 6 mois minimum. Mais cette initiative vise aussi et surtout à assurer des soins de qualité aux nouveau-nés comme aux jeunes mamans. En France, il a fallu attendre l’an 2000 pour que deux maternités demandent à être labellisées. Car oui, c’est une démarche volontaire : ce sont les hôpitaux qui doivent en faire la demande !
Pour obtenir le label « Maternité Amie des bébés », il faut :
Le label est accordé pour une période de quatre ans. Au bout de ces quatre années, il est réévalué. Pour l’obtenir, une clinique ou un hôpital doit répondre à des 10 critères :
- Avoir une politique d'allaitement maternel écrite et connue de tout le personnel soignant.
- Donner à tous les membres du personnel soignant une formation complète pour mettre en œuvre cette politique.
- Informer toutes les femmes enceintes des avantages de l'allaitement maternel, mais aussi les écouter pour qu’elles puissent exprimer leurs besoins et leurs désirs à un professionnel.
- Placer le bébé en peau à peau avec sa mère immédiatement à la naissance, pendant au moins une heure, et encourager la mère à reconnaître quand le bébé est prêt à téter, en lui proposant de l'aide si besoin.
- Indiquer aux mères comment pratiquer l'allaitement au sein et comment entretenir la lactation même si elles se trouvent séparées de leur nourrisson. Le but : que la mère soit autonome et aidée quel que soit son choix (allaitement, tire-lait, biberons).
- Ne donner aux nouveau-nés aucun aliment ni aucune boisson autre que le lait maternel, sauf indication médicale.
- Laisser l'enfant avec sa mère en continu.
- Encourager l'allaitement « à la demande », non pas quand le bébé pleure, mais quand il montre qu’il est prêt à téter.
- Ne donner aux enfants nourris au sein aucune tétine ou sucette.
- Encourager la constitution d'associations de soutien à l'allaitement maternel, et adresser les mères à ces associations dès leur sortie de l'hôpital ou de la clinique.
Autres critères à respecter pour obtenir le label "Ami des bébés":
L’établissement qui souhaite obtenir le label « Ami des bébés » s’engage également Ã
- Ne pas distribuer ni vanter les mérites des laits maternisés, biberons et tétines.
- Mettre en place des outils de statistiques sur l’alimentation des nouveau-nés.
- Enregistrer un taux d’allaitement maternel exclusif à la sortie de la maternité supérieur à 75 % ou au moins en progression par rapport aux années précédentes.
- Mettre en place des actions d’information prénatale et de suivi postnatal.
Les maternités labellisées "Amie des bébés" en France
Dans notre pays, on ne compte que sept maternités labellisées.
- La maternité du centre hospitalier de Lons-le-Saunier, Jura (depuis 2000)
- La maternité du centre hospitalier de Cognac, Charente (depuis 2003)
- La maternité de l’hôpital de Saint-Affrique, Aveyron (depuis 2006)
- La maternité de Mont-de-Marsan, Landes (depuis 2006)
- La maternité du centre hospitalier d’Arcachon, Gironde (depuis 2007)
- La maternité de la clinique Adassa à Strasbourg, Alsace (depuis décembre 2008)
- la maternité des Bluets à Paris (depuis décembre 2008)
Pourquoi la France est-elle à la traîne de l'Europe, voire du monde ?
Depuis les années 60, les taux d’allaitement exclusif au sortir de la maternité, ou la durée de l’allaitement, sont exceptionnellement bas en France. Ajoutez à cela une image souvent dévalorisée de la femme allaitante, un environnement défavorable à l’allaitement, une information souvent insuffisante, ou de fortes pressions publicitaires pour les aliments de substitution, et on comprend mieux ces résultats ! Heureusement pour nos bébés, les choses sont en train d’évoluer. L’allaitement maternel retrouve de plus en plus la faveur des jeunes parents, et de nombreux centres hospitaliers se sont engagés dans une démarche pour obtenir la labellisation, et ainsi mieux les accompagner.


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