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Grand débat : pour ou contre la sucette (tototte, tétine,…) ?

pour ou contre sucette tetine tototte bébéDiabolisée par les uns qui l’accusent d’être un frein à la communication du bébé, de ne pas être hygiénique, etc… Plébiscitée par les autres qui la remercient d’apaiser les bébés et de leur procurer leur compte de succion, la sucette fait encore beaucoup parler d’elle !

Pour : le « pacifier »

Pacifier, ou pacificateur en français,  c’est le nom de la sucette aux Etats-Unis.
Tous les bébés ont un besoin vital de téter, et pas seulement pour se nourrir. Le mouvement de succion est acquis au fœtus dès sa seizième semaine de vie dans le ventre maternel. Pour satisfaire ce besoin, il va téter tout ce qui passe à sa portée : doigt de maman, draps, doudou, poing, pouce ou sucette.

Dans les services de néonatalogie et de pédiatrie, la sucette est utilisée pour son effet antalgique et apaisant pour les bébés. Il n’y a pas de mal à apporter un réconfort à un bébé qui souffre, qui est angoissé. La sucette lui permet alors simplement d’avoir son compte de succion. Le personnel soignant de la maternité peut même conseiller aux mamans dont le lait maternel s’écoule très vite, de proposer une sucette à leur bébé. Ce dernier, après une tétée «express », peut ne pas avoir son « compte » de succion et réclamer encore à téter alors que manifestement il déborde de lait ! La sucette peut alors l’apaiser.

Mais pourquoi ne pas laisser le bébé choisir lui-même ce qu’il a envie de téter ?
L’avantage n°1 de la sucette par rapport au pouce ou au doudou, c’est qu’elle se lave ! On peut même en avoir plusieurs au cas où elle tomberait par terre dans la rue, par exemple. On ne peut pas en dire autant des doudous, ou du pouce.
L’avantage n°2 de la sucette : elle peut s’abandonner ! Une fois devenu « grand », le bébé peut être, en quelque sorte, sevré de sucette. Avec le pouce, étant donné qu’il est toujours à proximité, c’est impossible ! C’est comme les mamans qui se mettent au régime : si elles ont toujours du chocolat à disposition dans le placard, c’est plus difficile de résister que s’il n’y en a pas !

Contre : le « cállate »

On dit souvent qu’en Espagne, la sucette se dit « cállate », ce qui signifie « tais-toi ».  Même s'il s'avère, après vérification auprès de mamans espagnoles,  que c'est faux, cette rumeur illustre bien le premier reproche que font les «anti » aux sucettes, tétines, et autres totottes: être une obstacle à la communication. En effet, c’est assez exaspérant de voir un bambin parler avec sa sucette dans la bouche, et les adultes autour dire « hein, quoi, qu’est-ce que tu dis ? ». Tout aussi exaspérant de voir un parent coller d'autorité la sucette dans la bouche de son bébé parce qu’il commence à couiner, alors qu’il a probablement quelque chose à exprimer.

Et puis la sucette crée une dépendance chez le bébé dont on se passerait bien. Ceux qui ne peuvent trouver le sommeil sans leur sucette obligent les parents à se lever plusieurs fois par nuit pour leur redonner lorsqu’elle est perdue dans le lit. Il est quand même préférable pour toute la famille que le bébé sache se rendormir seul entre chaque cycle de sommeil.

Le problème de l’hygiène est également soulevé: combien de sucettes retournent directement dans la bouche du bambin après qu’il l’ait faite tomber par terre dans la rue ? Combien de sucettes sont « nettoyées » par un passage dans la bouche du parent, qui transmet ainsi ses germes d’adultes au bébé et notamment ceux qui créent les caries dentaires de bébé ? Certains prétendent même que si on incite un enfant à se consoler en tétouillant/machouillant un objet extérieur, on risque de le conditionner à poursuivre ce comportement une fois adulte par le grignotage ou la cigarette.

En réalité, le problème majeur de la sucette survient après l’âge de 3 ans. A cet âge, l’enfant abandonne la déglutition primaire pour passer à la déglutition dentée. La succion fréquente d’un biberon ou d’une sucette maintient la langue en position basse derrière les incisives inférieures et peut retarder la mise en place de la déglutition dentée. Ce retard peut entraîner des défauts de prononciation lors de l’apprentissage du langage. Il peut également gêner le développement du maxillaire supérieur qui va générer un sacré bazar dans la bouche quand les nouvelles dents de bébé ne trouveront pas leur place. Résultat des courses : un risque accru de visites chez l’orthodontiste et l’orthophoniste !

Alors qui a raison ?

A priori, les deux parties ont raison. Il faut juste user de bon sens et faire un usage raisonné et raisonnable des sucettes.
OK, pour l’utiliser chez un bébé qui a manifestement besoin de téter même en dehors des repas ou un bébé qui souffre, qui a besoin d’être apaisé. N’oublions pas qu’un nourrisson qui ressent une gêne, un malaise (faim, couche sale, angoisse du crépuscule, etc…) s’imagine à chaque fois que sa dernière heure est arrivée ! Sa détresse est donc bien réelle, et nous devons la prendre en compte. Même si, nous, nous savons que « ce n’est pas si grave », le bébé, lui, ne le sait pas. Mais attention à ne pas transformer la sucette en «bouchon-qui-fait-taire-les-bébés ». Un bébé qui pleure, qui gémit essaye d’exprimer quelque chose. Le meilleur moyen de le faire taire est probablement de répondre à son besoin, sa douleur ou son envie. La sucette n’est alors proposée que s’il n’est vraiment pas possible à l’adulte de satisfaire sa demande…

Concernant l’hygiène, il va de soi qu’il faut absolument jamais sucer la sucette de son bébé avec notre bouche d’adulte. Cela ne la nettoie pas du tout, bien au contraire ! Le bon sens recommande d’avoir plusieurs sucettes, propres et emballées, à proposer au bébé pour assurer une hygiène maximale. Si la sucette devient aussi sale que le pouce ou le doudou, elle perd beaucoup de son intérêt.

Dans le cas de l'allaitement maternel, il est préférable, en principe, de ne pas proposer de sucette aux bébés qui sont nourris au sein. Le mode de succion du sein et celui de la sucette, ou du biberon, sont différents. Alors pour s'assurer que le bébé prenne correctement le sein, surtout au démarrage de l'allaitement, il ne vaut mieux pas perturber son apprentissage en lui demandant de mettre en place les deux types de succions. Mais ceci n'est pas catégorique, certains bébés font très bien la différence, d'autres non. Dans certains cas, comme celui cité plus haut, la sucette est très appréciée par les bébés, qui ne la confondent en aucun cas avec le sein de leur maman (peut-être parce que rien ne coule de la sucette ??). Mais, si on peut éviter le risque de perturber le démarrage de l'allaitement, c'est quand même mieux.

Pour l’endormissement de bébé, l’idéal serait de ne pas se lever la nuit pour redonner la sucette à son bébé, afin qu’il trouve par lui-même un autre moyen de se rendormir entre deux cycles de sommeil de bébé, sans intervention extérieure. Si ce n’est vraiment pas possible, redonnez-lui sa tétine dans la main et non dans la bouche, pour qu’il ait l’idée de la chercher tout seul dans le lit les prochaines fois (on ne sait jamais !). Et enfin, pour ne pas interférer dans le développement physiologique (langage et dentition) de l’enfant, il est nécessaire d’abandonner la sucette à l’âge de trois ans.

Dans la mesure du possible, il faudrait que l’usage de la sucette soit limité au seul rituel d’endormissement, et qu’elle soit interdite de séjour hors du lit.
Si l’enfant ne se promène pas à longueur de journée avec sa sucette dans la bouche, cela limitera déjà pas mal les dégâts !!